Conférence midi – avril 2012 (Annuler)

Sujet :« Les eaux des rivières et les eaux cachées. Le destin des grands empires et des petites communautés par rapport à la disponibilité en eau. »

Invité:

M. Pietro Laureano, architecte, président de l’Institut international des connaissances traditionnelles de Florence en Italie et expert à l’UNESCO.

W-132 (résidence Ouest).

Université Laurentienne
De 12h00 à 13h00.

Sujet:

Les anciennes civilisations se développèrent aux bords des grands fleuves comme le Nil, le Tigre et l’Euphrate, l’Indus, l’Oxus et le Yang Tze. A partir du IIIème millénaire, des complexes urbains se formèrent le long de ces fleuves et avec eux, les premières structures étatiques. A la même période, aux marges de ces zones, en Arabie et dans les déserts de l’Iran, du Pakistan et de l’Inde, on observe une intensification de la production alimentaire impliquant une pleine exploitation des différentes ressources de l’environnement du désert. Ces communautés contredisent la notion généralement admise, selon laquelle les cultures basées sur les techniques de captation et de distribution des eaux sur le modèle de société hydraulique, élaboré par K. A. Wittfogel dans les années 50, doivent être caractérisées par un despotisme et un dirigisme d’état. Si cela s’avère pour les grands empires établis autour d’imposantes ressources hydriques comme celles des cours des fleuves de la Chine, de l’Inde et de l’Egypte – avec pour conséquences sur le long terme l’hypertrophie de la population et du territoire, l’autoritarisme, la centralisation de l’Etat et la destruction croissante du milieu jusqu’à la catastrophe écologique – par contre, en marge de ceux-ci, les communautés des oasis offrent une alternative à ce modèle. Ces communautés s’assurent une existence autosuffisante en utilisant l’expérience accumulée du savoir traditionnel. Elles deviennent aussi des centres d’innovation pour la protection et l’utilisation appropriée des ressources locales d’un milieu inaccessible et peu désirable. Les technologies auxquelles elles ont recours, fondées sur les pratiques archaïques de contrôle de l’eau à petite échelle, sont toujours gérées à travers la coopération de toute la communauté.

Affiche